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 Comme des héros sans guerre, de Stephen Carrière

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Fredo
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Nombre de messages : 167
Date d'inscription : 12/03/2010

MessageSujet: Comme des héros sans guerre, de Stephen Carrière   Lun 15 Mar 2010 - 23:38


# Broché: 258 pages
# Editeur : Albin Michel (23 février 2006)
# Collection : LITT.GENERALE
# Langue : Français
# ISBN-10: 2226169997
Présentation de l'éditeur
Quelque part aux Etats-Unis, un immeuble de briques rouges. Entre ses murs, sept hommes et femmes aux destins brisés ne partagent de leur quotidien que la haine et le mépris. Au carrefour de ces solitudes, un colosse mélancolique : Sauveur, boxeur déchu, gardien désœuvré, glisse parmi les ombres en espérant s'y fondre et disparaître. Lorsqu'un jour la violence fait voler en éclats leur triste équilibre, Sauveur décide de rompre une vieille promesse : cette fois, il va intervenir. Une dernière cause désespérée à relever pour partir dignement. A condition que d'autres, aussi paumés que lui, ne s'en mêlent pas... Quatre journées d'apocalypse. Une épopée frénétique où le passé douloureux resurgit pour lutter contre un présent qui laisse parler les armes. Héroïsme, suspense, humour, désirs inavouables et rêves de rédemption : après Une vieille querelle, Stephen Carrière dessine un univers sombre et sauvage, traversé par des éclats de tendresse et de grandeur, entre western urbain et histoire d'amour impossible.



Comme des Héros sans Guerre, de Stephen Carrière.

P181, Rosa Mae :
« Mon héros est reparti en guerre et je n’en attendais pas moins de lui. »


Sauveur, sortie de prison, poursuit sa pénitence en tant que gardien d’immeuble. Il possède le strict minimum et vit dans un logement plutôt spartiate. Il dépanne, répare, sans prendre partie. Son quotidien est bien rodé, simple et efficace. C’est une bonne pâte en fait, qui ne peut se permettre de faire des vagues sans mettre en péril sa liberté conditionnelle et la promesse qu’il s’est faite. Il se fait oublier, évite de faire des vagues, parle très peu. Il se détourne même les miroirs, pour s’oublier …

P112, Vartan :
Il avait l’habitude de dire que les autres sont comme des livres à moitiés lus.
- Il y a toujours des paragraphes qu’on a sautés, des rebondissements qui nous échappent alors qu’ils éclairciraient l’affaire. Il ne faut pas s’en vouloir. Rencontrer quelqu’un, c’est prendre en cours une histoire inachevée. On comble les blancs avec d’autres histoires qu’on connaît en se disant que c’est similaire. Ce n’est jamais similaire, mais ça rassure. »

P195, Sauveur : « Des livres à moitié lus, c’est ce que l’on est les uns pour les autres, des livres à moitié lus… »


C’est dans cette ambiance désabusée et mélancolique que Stephen Carrière va nous raconter son histoire.

Il y a d’ailleurs une très belle scène dans le roman, qui nous montre à quel point le combat est viscéral : quand Sauveur croise, par accident, son reflet dans un miroir, il manque de se vider les tripes, tellement le malaise le gagne et prend possession de lui. Son propre visage, qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, lui rappelle tellement son ancienne vie, que cela perturbe son quotidien. Et au fur et à mesure, ces éléments perturbateurs vont finir par lui faire prendre conscience qu’il n’a plus qu’un choix à faire : relever la tête et les poings, même si cela doit mettre sa vie en péril.

P27 :
« Un homme est peut être autant ce qu’il pense que ce qu’il fait, mais seul ce qu’il fait a des répercussions sur les autres. »


Ce grand gaillard donc, qui parait un peu autiste aux yeux des gens qui l’entourent, tellement il fait de son mieux pour paraître invisible, va voir son univers s’écrouler quand l’une des locataires de l’immeuble, va revenir à lui, à moitié morte. Lucy, dont il est secrètement amoureux, se prostitue pour le compte de Douglas, qui se trouve être également l’employeur de Sauveur …

P22, Lucy :
« - Le monde est sale, non ? En même temps, j’ai l’impression que c’est ceux qui font jamais le ménage qui disent ça … »


La vague, le tsunami approche. Sauveur le sent. Tout au fond de lui, il sait qu’il va devoir rompre la promesse qu’il s’était faite : ne plus interagir dans la vie de ses congénères ; ne pas rendre les coups ; détourner le regard ; ne plus serrer les poings …
Quand il va se décider à tenter de sauver la vie de Lucy, il sait qu’il devra défier Douglas et ses sbires. Il pourra compter pour cela sur l’aide des autres locataires de l’immeuble … Que deviennent des héros sans guerre quand on leur trouve une bonne raison de se battre ?!

P227 : « L’immeuble en briques rouges était un ventre ; ils y vivaient tous depuis longtemps sans avoir compris qu’ils y étaient lentement digérés. »

Il est intéressant de constater le point commun qu’ont les habitants de cet immeuble. Comme les SDF que Sauveur fréquente en faisant son jogging quotidien, ces briques rouges abritent des gens qui se font oublier ou qui ont été oubliés …

Des gens aux passés tourmentés qui se contentent de donner des surnoms caricaturaux à leurs voisins. Le fil rouge de ce roman sera la découverte des origines de chacun d’entre eux et ses répercussions sur leur présent. Révélations qui réserveront au fil du roman de bien belles surprises aux lecteurs …

Ce sont ces révélations qui vont permettre, entre autre à l’auteur, de mettre un peu de douceur et de poésie dans son western urbain. Qu’elle est la meilleure arme contre la violence qui pointe son nez à notre porte ? L’amour. Et chaque locataire est lié par ce sentiment, qui aura eu dans sa vie un impact si fort, qu’il conditionne encore son quotidien.

P175, Reda :
« - Les Sept Mercenaires ! Le bandit veut savoir pourquoi Steve McQueen a pris autant de risques pour une bande de paysans et Steve répond : « C’est comme ce gars que je connaissais à El Paso. Un jour, il a baissé son froc et s’est jeté contre un cactus. Quand je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça, il m’a juste répondu : sur le moment, ça m’a paru une bonne idée. »
- On est pas dans un western, Reda, avait tenté Alenbach.
- Bien sûr que si ! Je peux même te dire lequel : c’est Rio Bravo. John Wayne, Dean Martin, le vieux dingue et le gamin flambeur, barricadés dans le bureau du shérif contre une horde de pistoléros.


Pour ceux qui ne le savent pas, Rio Bravo d’Howard Hawks, est un des films qui a le plus inspiré l’œuvre de John Carpenter (Assaut, New York 1997, Invasion Los Angeles, Ghosts of Mars). Si il y a bien un film pour dépeindre son œuvre et en même temps, ce roman de Stephen Carrière, on le prendra pour exemple. Cette manière de placer son héros, anti-héros même, dans une situation où il peut se racheter et se sacrifier dans un élan désespéré, nous rappellera donc forcément d’autres personnages de films ou de romans.

Avec Dean Martin dans Rio Bravo, on se contentera de citer de mémoire Léon de Luc Besson, Clarence Worley dans le True Romance de Tony Scott, ou John Caffey dans la Ligne Verte de Stephen King. Il plane sur ces histoires, et sur celle de Stephen Carrière, un sentiment inéluctable * auquel le héros ne pourra pas échapper. Il devra prendre sa place dans l’engrenage, en révélant sa véritable nature pour que le mécanisme puisse enfin entrer en action.

*Inéluctable comme dans la Ballade du Café Triste de Carson McCullers, par exemple, romancière qui est citée P66. Le lecteur de la Fin des Mystères de Scarlett Thomas, se plaira à repenser à son héroïne, Ariel Manto, qui parvenait à rebondir d’un roman à un autre, en les reliant entre eux.

J’ai eu la chance de me voir offrir un livre de McCullers début décembre et je la recroise ici au détour d’un autre roman … Après ça, comment ne pas s’imaginer que les romans ne sont pas tous piégés dans une immense toile d’araignée, où chaque bruissement de pages se propage d’un fil à l’autre … Et ce fil, il ne tient qu’à nous de le remonter.
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