L’attentat :
C’est ici un roman dérangeant comme l’aiment tant à le rappeler et le qualifier, certains critiques, lorsque le sujet est fortement politisé.
Yasmina Khadra commet une introspection des relations israélo-palestiniennes, entendue et pas tout à fait sans concession puisqu’il fait preuve, à travers la dérive de son « héros », vers une descente aux enfers causant sa perte ( ?), de manichéisme. Le parti pris est certain ! Mais ce n’est pas ici le plus important, du moins au début du roman.
Voilà un couple de palestiniens, naturalisés israéliens, sans histoire ; j’entends par là, ne faisant aucune politique.
Le couple est aimé et apprécié, parfaitement intégré, ils ont, en outre, de nombreuses relations dans la société juive. D’esprit très ouvert, ils aiment découvrir le monde et sont souvent amenés à voyager.
Lorsqu’un attentat est commis, c’est tout naturellement qu’Amine va se dépenser sans compter, pour venir en aide aux blessés.
De retour chez lui, son épouse Sihem est absente. Mais cela n’inquiète pas Amine outre mesure ; n’est-elle pas en visite dans sa famille ?
Au cours de la nuit suivant le drame, Naveed, chef de la police et ami d’Amine, débarque, l’emmène à la morgue pour lui demander de reconnaître un corps ,C’est celui de Sihem et c’est alors l’effroyable vérité : « l’attentat qui a fait de nombreux morts, en majorité des enfants, et des dizaines de blessés, est un acte suicide , l’œuvre d’une femme ceinturée d’explosifs : sa femme, la très bonne Sihem ; c’est en vérité ce qu’il pensait !
Commence alors pour Amine l’épreuve d’une lente agonie, le conduisant peu à peu vers la destruction de tout ce à quoi il croyait, tout ce qu’il a pu bâtir.
Ses voisins juifs le battent presque à mort, est-il ou n’est-il pas complice ?
Les services secrets l’interrogent sans ménagement durant plusieurs jours et plusieurs nuits. Libre, repoussant l’aide et refusant toute sollicitude d’amis sincères, il va essayer de comprendre ce qui a pu conduire sa femme, à la douceur infinie, à la bonté naturelle pour quiconque, à ce geste d’une rare atrocité et si monstrueux de lâcheté.
Au péril de sa vie, il va se commettre avec les pires protagonistes de la cause palestinienne. Son but est de répondre à cette seule question : pourquoi ?
C’est un roman intense d’émotion, sans misérabilisme et souvent bienveillant.
L’épilogue renvoie directement le lecteur au premier chapitre, nous tirant à coup sûr quelques larmes. Livre coup de poing dont les droits pour le cinéma ont déjà été cédés.
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En moi, le paradis et l'enfer;apprendre et encore apprendre jusqu'à ce que la sagesse coule dans mes veines